Mercredi 4 août 2010
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22:50
Le temps, je ne sais pas, sauter périlleusement, embaucher la placeuse,
Maigrichon des façons qui s'étrennent, s'empressent avec sentiments,
Sous des eaux tripotantes, ventriloques, elles se déshonorent - mes rieuses
Elles se pastichent se vendent et le vomis m'en dégueule, alors je mens.
On en vient à moi, à celles, à celui, cercle circonscrit d'âmes malheureuses
On s'entoure du vide protecteur, on s'avoue en se désarmant,
Parce que le temps, je ne sais pas, ne voudra pas de leurres
Et son crachat s'écrasera. Sur notre bulle, tristement
Croyez-vous qu'il nous atteigne ? nous ?
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Samedi 31 janvier 2009
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08:13
Que trois virgules suffisent au vent
Que notre sang s'efface en blanc
Elles disparaîtront sans sélection
Et les mots creux se démodant
Le souvenir crachera sur l'âge, parions
Que mes belles , au plus quelques dizaines
Ou mieux elles se souviennent autant
Des saisons sous la chaleur des drapeaux que des oligo-s
Qu'elles s'en souviendront même si le temps, et ses membres lâches
attisera leur haine, forcera leurs tympans, par quelques frictions, appuiera sur
Off, éteint.
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Vendredi 2 janvier 2009
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23:03
C'est l'an nouveau qui se réveille. Ma fille se réveille. Elle dit trois mots. Incompréhensibles. Je l'y prends à
s'exprimer sans aucun sens, du derrière et devant, la bouche retournée, les lèvres effleurées, tu dis n'importe quoi ma fille, tu ne dors pourtant point. Elle me regarde outrée, son père menace,
c'est moi son père. Des doigts elle gratte un nez qui s'impatiente, puis qui s'éternue, qui se plisse, s'hérisse, s'étonne. Puis son regard erre, s'évade, pour se fixer sur n'importe quoi. Encore
du n'importe quoi, je ne comprends décidémment pas ce qui intéresse ma fille. Je crois pourtant qu'elle veut s'asseoir, je fais semblant d'être sûr de moi. Oui, elle veut s'asseoir, je le sais
c'est ma fille, je la connais. Alors assise. Et maintenant. Maintenant rien, son regard erre, se fixe, sur moi. Je grimace. Elle s'en fout. Je lui tends une cuillère, ou un stylo, n'importe quoi,
et ses bras se tendent, les deux. On croirait un mort-vivant marchant, stupidement comme ils savent le faire, les bras en avant, tendus vers rien. Ma fille les tend vers quelque chose, ce qui me
fait penser qu'elle est bien vivante, que je ne suis pas le seul à la voir. Alors elle l'attrape cette cuillère, presque, le temps d'oublier qu'elle tient quelque chose, le temps de la faire
tomber, le temps de dire "papa". Tout ça pour que je la ramasse, sa cuillère.
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Lundi 15 décembre 2008
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19:12
Nappages de chair, les sangs enlassés, les peaux s'éveillent
s'emploient au toucher, se balancent serrés, et n'y pensez pas, du fruit des nuées,
une éternelle prêtée, empruntée à l'honneur, à l'affaire dispensée, le titre evidé(e), en -ée
la virgule prête, j'y ai dépensée, presque ma ligne
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Vendredi 8 décembre 2006
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21:34
Samba de jour toujours, agrémentée sans contrôle par les sursauts surfaits de trente mous posés là en guimauve. Ecartées les horaires valeureuses Molle s’enchaîne à son gousset, par les hanches ces vallées blanches, rondes et ferrées un régal immaculé. Point ? un autre homme vin additionné de whisky Single Molle et lui dansent seul, repensant les Highlands faisant majuscule les moindres souvenirs, de ce nord pluvieux et vert le bonheur, de ces accents des couronnes, de ces paysans des rois, et d’eux des Brésiliens, Molle en samba dans tous les paragraphes. Et des épitaphes leurs vœux. Nous voulons pour elle un peu de tout, et le reste. C’est l’histoire de Molle qui m’a fait et que je veux voir grandir, c’est d’elle que je me raconte les demains, c’est un peu elle. Jeune fille si tu savais que je pars perdu comme annexé à cette dimension réagirais-tu ? En musique sans complexe et je t’entends déjà. Tous tes mots commenceraient par « re » regain, recommencer, revenir, renier, regret, mais tu parles mal quand tu chantes, toi Molle. Tu parles en diamant brut, déminé, non désiré, ne parle plus.
Par Philippe U
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Lundi 23 octobre 2006
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22:54
Des ombres carrelées s'angoissent les nuages
Cachés des vues basses ils s'empêtrent les cheveux
et par ici en averses crépitent parmi les feux
les turbulences vénérées de tous les âges
Imagine une pluie portée par le remord
qui éviterait veinarde la boue et le sang
qui ne participerait jamais à aucun enterrement
mais qui puerait de loin la douleur et la mort
Et frissonnant tu verras sur toi couler
Les gouttes de là-haut, de ceux qui t'ont laissé
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Par philippe U
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Dimanche 27 août 2006
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11:45
Aux angles d’un visage elle griffonne ses pères
Avare d’écoute les oreilles froides MA s’enchaîne de mots
MA contrainte d’épiée se regarde dans nos yeux,
se parle à nous, se réfléchit
Et du miroir devenu je me brille d’elle
Qui s’éparpille, en chevrotine, en virgule, vapeur.
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Par Philippe U
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Mardi 11 juillet 2006
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20:52
Molle apaisée depuis le sourcil évidée sans soucis ne s’affaire plus,
Enfile le temps elle sourit jolie en papillon, comme un papillon, mignon,
De sa maison grandie, elle y a grandi, elle commençait sa façon,
On peut voir autour courir Molle, rosie de chaleur mais s’il a plu
Tu es là attendrie sous la lune, grossie d’amour et quatre mains
Sur ton ventre
Par Philippe U
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Vendredi 26 mai 2006
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15:40
Il y a environ un mois presque jour pour jour environ, j’ai assisté au motif de licenciement d’une serveuse totalement débordée (inversions de plats, oublis intempestifs, maladresses) dans un restaurant libanais bourgeois mais fréquentable. Le patron était passablement énervé contre elle et nous avons attendu tous nos plats, j’ai encore l’impression d’attendre. La pauvre serveuse, visiblement fraîchement engagée, était complètement à la rue et ça faisait pitié. Certains clients en ont profité pour se plaindre de façon tout à fait désagréable, comme ils font sans doute avec les personnels SNCF quand il y a du retard, plus ou moins dans leur barbe -pff, c’est toujours la même chose, nous on travaille dur pendant qu’ils se la coulent douce, c’est inadmissible, vivement Sarkozy. Je suis persuadé que ces gens-là espèrent secrètement que les trains aient du retard, qu’ils prient pour que les plats soient froids ou pas assez cuits, pour pouvoir se plaindre à leur manière, pour dédaigner, pour faire chier leur monde quoi. Toujours est-il que nous n’avons plus vu la serveuse après cet incident, la pauvre petite aura été bien vite formée, informée puis déformée.
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Par Philippe U
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Jeudi 11 mai 2006
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19:06
Si la frite avait au nom le regard du chien battu, comment avouer le dégoût des aventures et des fêlures en attestant d’une présence ou limite extrême de la somme quelconque de l’habit vert, costume ou bicorne à la mode antique, en dictionnaire par mille mots bien sûr plus que ça. Terminaison phonétique celle-là même la fière du commencement qui osa jour de pluie mixte affronter le regard du chien enragé et lui crier faible « toi mousse ici ou vire la forêt, va, pleutre important ». Si la ponctuation seule élargissait son âme, si les mots divisés me revenaient enfin et si la morne affaire du blanc et du noir s’épaississait jusqu’à l’explosion, ou se liquéfiait jusqu’à l’explosion, ou jusqu’à l’explosion, si l’éviction temporaire sans concordance ni même, si passion ne rimait plus, si conscience est évidence, ce n’est plus de frite que l’on parlerait. Sachant tout bien l’élégance du signe fleurant feutré à pas feutrés glissant volant sans participe atteignant le fond non plus de nous juste comme quelque chose de vraiment non nous disons de vraiment important.
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Par Philippe U
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