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Vendredi 10 mars 2006
Molle pâle au gué levant

A l’étroite cérémonie lue en lambeaux

Dicte en râle les fragments

Pour son occasion faite de morceaux

Elle échange Molle de copeaux et presto se tourne sur le dos

Attendant Molle pressent les débris de la voix quand

Fine elle reçoit en plein mot la façon déçue du bout

Sur le flanc penchée sur le flanc et faisant le tournant

De ses hanches molles Molle entonne le chant qui s’étend

Et tombe dans le creux, trop près du bord Molle.

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Par Philippe U - Publié dans : Claustrophobie
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Lundi 20 février 2006
"Lors de nos parties de poker, le dimanche soir, nous avions compliqué le jeu en trichant. L'un de nous, commissaire des jeux, était chargé de la surveillance. On avait le droit individuel de tricher. Pris sur le fait, on payait le double de sa mise. Cela ajoutait une émotion aux autres."
Paul Morand. Journal Inutile

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Par Philippe U - Publié dans : Claustrophobie
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Jeudi 16 février 2006

Je ne peux pas faire des câlins têtes pendant que je joue à Literati, c’est à peu près comme faire deux choses en même temps alors qu’on ne peut qu’en faire une, ce qui dans le domaine de la logique est évident. Imaginez-vous une seconde  allongé sur le divan sommier latte en chêne de la forêt domaniale de Tronçais, rembourrage plume d’oie 800 milligrammes par centimètre ou mètre carré, avec de la soie et du tout doux, la tête posé sur un oreiller Tempur tout neuf, au chaud parfait bien sûr. Jusque là on ne fait que s’imaginer, maintenant on continue à imaginer, mais autre chose et en partant de la situation déjà en tête qui servira de décor en somme, donc bien allongé, voilà qu’il faudrait qu’on fasse autre chose que ça ? Comme de se lever et d’aller vérifier que la porte est bien fermée à clé ?  Soyons sérieux, c’est impensable, qui s’allonge ne vérifie pas la serrure. Voilà résumé l’esprit Literati. Ca fait bien longtemps que je n’y ai pas joué d’ailleurs. J’y pensais à cause du S au Scrabble qui peut faire plein de points ce qui n’est pas dans les propriétés du S d’un point de vue strictement linguistique j’entends. J’avais ensuite envie d’évoquer vite un bouquin que j’avais acheté par défaut à Auchan, parce que j’avais besoin d’une carte d’encre et que je voulais acheter autre chose par peur de me faire insulter par la caissière, le bouquin en question c’est les Ombres Errantes. Donc Pascal Quignard. J’en parle parce que ça me permet de parler de moi, de me dévoiler pudiquement. J’ai j’eus une habitude que je n’ai jamais respectée et qui consiste consistait à me lancer des pseudos défis plutôt sans intérêt mais voici un exemple : lire tous les Goncourt, voire tous les films Oscarisés ou Palmé d’Or, lire tous les auteurs cités dans Bartleby et compagnie, enfin façon épuisement d’un sujet simple on y pense trois minutes mois puis ça devient barbant. Je tiens à dire que c’est courant (on trouvera le classique : lire tous les bouquins cités dans Comme un Roman ce qui ne doit pas faire trente mille bouquins – cependant l’affaire est-elle conclue ?). Ce qui fait que passant devant le rayon poche Folio d’Auchan j’ai vu Quignard et j’ai lâché la monnaie. Il y a eu le TGV par la suite mais c’est le RER qui m’a motivé pour commencer ce Goncourt. Je me rends compte en écrivant que je peux passer pour un crétin qui confond succès et qualité – pourquoi pas.

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Par philippe U - Publié dans : Claustrophobie
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Jeudi 16 février 2006

TGV

Six heures en première classe équivalent à cinq minutes en seconde. La différence majeure entre la seconde et la première classe, c’est qu’en première les gens sont respectables car ils ont du pognon. En seconde se côtoient radins et moyens, familles nombreuses et mioches sales et pleurnichards. Les rares enfants de la première classe sont beaux, ils sourient et disent bonjour, ils ne leur viendraient pas à l’esprit de vomir sur la moquette. Les vieux en première classe ne dégueulassent pas leurs banquettes en bouffant leurs gros sandwichs de vieux gros, ils ont de jolis costumes, on ne les entend pas, ils lisent leur Figaro sans demander si on est bien à Frontignan. En première classe, personne ne va à Frontignan. Je n’ose pas imaginer à quoi ressemblaient les troisièmes classes d’antan, peut-être pouvait-on y rencontrer de vrais pauvres ? Les premières classes ont des petites valises modestes mais de valeurs qu’ils posent sur les porte-bagages sans faire de bruit. Les secondes ont un minimum de trois sacs, parfois un carton, une poussette, des pochettes plastiques en tout genre et des glacières qu’ils jettent en criant au milieu des couloirs deux fois moins large que ceux de première. J’abhorre les secondes classes. En seconde, un sale crétin aura toujours investi votre place, il lui faudra 5 minutes pour comprendre qu’il y a plusieurs voitures dans un train (« ben j’ai la place 32 côté fenêtre, c’est marqué sur mon billet là, c’est bien MA place alors... », gnagnagna et autres blablas d’idiots) et daigner enfin vous céder VOTRE PLACE. Car en seconde classe, les gens ne sont pas intelligents, ils ne savent pas lire les panneaux, ils ne comprennent pas le langage simplissime du billet SNCF. Les secondes classes sont nuls en géographie, ils sont lents. Le pire, c’est qu’ils vous parlent, pour être certain que vous compreniez qu’ils sont stupides. Ce qu’ils m'agaçent. Je ne parlerais même pas du confort des sièges de première classe, notamment des formidables sièges « isolés », de l’amabilité du contrôleur qui semble s’adapter au rang social des personnes qu’il contrôle, de la taille des toilettes. Et quel bonheur avant le départ du train de prendre son temps sur le quai, devant sa voiture de première classe, pour que tous ses salauds de secondes se mettent bien dans leurs petites têtes de secondes qu’un monde immense nous sépare d’eux.

 
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Par Philippe U - Publié dans : Claustrophobie
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Mercredi 25 janvier 2006

C’est l’histoire de 4 mecs du sud de la France qui vont tous à Lagneux dans l’Ain pour travailler pendant 7 semaines comme ouvriers. L’usine qu’ils vont investir appartient au groupe Saint-Gobain Emballage, celui qui fait tous les petits pots en verre où c’est qu’on y met soit des cornichons, soit du Nutella, et même des espèces de bouillies pour les mioches. Enfin c’est pas nous qu’on y met la bouillie ni rien, c’est encore d’autres entreprises comme Blédina. Alors nous, les jeunes du Sud (à part un qui en fait vient pas vraiment du Sud mais des Bouches du Rhône) on se disait que c’est cool mais faut bien habiter quelque part. Et c’est là que ça vaut le coup de bosser pour une grosse entreprise parce qu’ils ont des maisons à eux qu’ils veulent bien nous prêter. Une vraie maison de Lagneux, avec 3 chambres dont 2 à l’étage, une salle de bains, une cuisine, un salon et un escalier qui couine. On nous y avait mis un frigo mais c’est tout. Moi j’avais amené la télé et une table de camping et des chaises, un autre un four micro-onde, et chacun son matelas sous diverses formes à partir du pouf qui se déplie en lit, jusqu’au matelas qu’on gonfle. La télé on la captait pas mais on avait la Playstation et Tony Hawk le jeu qui va avec de skate. Autant vous dire qu’il n’y avait pas grand-chose comme meuble puisqu’il n’y avait rien. Vous avez noté aussi qu’il manque une chambre ce qui nous obligeait à effectuer une rotation par exemple moi j’ai fait : salon, chambre du bas, chambres du haut, salon chambre du bas chambres du haut, et ainsi de suite en tenant compte des horaires de travail pour que ça soit celui qui commence le matin qui soit dans le salon enfin on faisait au mieux. La maison était soit proche de l’usine, soit loin. Pour qu’elle soit proche il fallait passer par le jardin d’un voisin et escalader une petite clôture, ce qu’on se permettait quand il faisait nuit. Sinon elle était loin. Il s’avère qu’il faisait souvent nuit malgré l’été. C’est à cause de l’heure où on travaillait qui variait ainsi que je vais l’expliquer : 2 jours on faisait 3h40-11h40 puis deux jours 11h40-19h40 puis encore un ou deux jours 19h40-3h40, ça s’appelle un truc comme les cinq huit. Ensuite on avait 2 ou 3 jours de repos que l’on occupait comme on peut par exemple en allant à Lyon voir la demi finale et la finale de l’Euro 2000, place des Terreaux je crois. La vie est bizarre avec ces horaires là, commencer à 3h40 du matin ça m’obligeait à prendre 2 vitamines C pour commencer, puis du café tant et si bien que j’arrivais plus très bien à tenir les pots de verre dans les mains. Alors le boulot c’était bizarre aussi, j’avais fait un schéma à un moment, mais bon j’explique le principe, cette usine y a un four qui chauffe tout le temps et après il se passe des choses obscures et ça finit au niveau de 12 chaînes, sur chacune arrivent des pots de tailles et de formes différentes sur des tapis roulant, et au bout de la chaîne y a une machine qui range les pots sur des palettes en procédant par couche : une couche de pots, un carton, une couche de pot, un carton et grâce à des capteurs quand ça arrive en haut ça s’arrête et ça recommence une nouvelle palette. C’est à ce moment là que j’intervenais en posant le carton-chapeau final et l’étiquette-code barre dans le bon sens ce qui n’est pas toujours évident. Là on se dit que c’est de la rigolade sauf si on va pas assez vite le robot automatique qui vient chercher la palette n’est pas content et ça fait tuuuuut, tuuuuuut jusqu’à ce que presque le directeur de Saint-Gobain vienne demander : mais qu’est ce qui se passe ?. C’est difficile d’aller vite parce que les cartons-chapeaux quand on les met, on fait souvent tomber un ou deux pots si on fait pas attention, et c’est difficile parce que les 12 chaînes s’étalent sur près de 75 mètres de longueur, et toutes les palettes peuvent arriver en même temps. Et c’est difficile parce qu’on porte des gants, des trucs dans les oreilles, des lunettes de protection mais on finit par enlever presque tout, sauf les boules dans les oreilles à moins qu’on soit stupide. Oui c’est le boucan dans cette usine. Ensuite c’est difficile parce que parfois la machine qui trimbale les petits pots elle se bloque, et là y a un gyrophare qui clignote pour qu’on le voit bien même si on est à 75 mètres à l’autre bout, il faut alors courir ! Oui le chef il a dit ça, on court, on essaie de réparer si c’est simple et sinon ... sinon ... on appelle le techno ! C’est un gars au cheveux long qui marche lentement, il vous regarde le menton haut et il fait : ok. Ensuite la machine remarche et on se dit qu’on aimerait bien être techno un jour. Pendant les 8 heures de boulot, on a une pause de 30 minutes dans une salle avec des lits pour se reposer. Le monsieur qui m’a appris ce métier les 2 premiers jours, il fait ça depuis 5 ans et il dit que ça lui plait, pour les vacances il va dans des camps de vacances où y a de la chair fraîche. Il est gentil lui. C’est pas comme le gardien de l’usine où on doit laisser son badge en entrant, il retrousse sa chemise manche courte pour qu’on voit son tatouage sur le biceps, et il marche comme s’il avait des bottes de cow-boys, je me dis qu’il est con. C’est cet été que j’ai vraiment découvert 16 horsepower. Et aussi qu’il y a des endroits en France avec des retenues d’eau artificielles où les gens viennent se baigner, un peu comme si c’était la mer, ça me rendait très triste. C’est pour ça aussi qu’on était tous content de revenir dans le sud.
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Par Philippe U - Publié dans : itineraire-periurbain
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Lundi 23 janvier 2006
Ce soir j'ai regardé Mon Idole de Guillaume Canet sur M6 avec Guillaume Canet. Je m'attendais à une merdasse proportionnelle à l'antipathie que je voue à Guillaume Canet sans raison aucune. J'ai pourtant passé un bon moment. Le personnage de François Berléand y est pour beaucoup : un beau trouduc comme on les aime. La bande originale est de ce naze de Sinclair. Canet réalisateur, Sinclair aux platines, fallait que je sois motivé. En effet je n'avais rien d'autre à foutre. C'est con mais ça fait toujours marré de voir un personnage au cinéma qui s'empègue (emboutit) un cerf en bagnole et qui l'achève à coup de tatanes puis de fusil. Sans compter qu'il y a Diane Kruger. Mes compétences cinématographiques s'arrêtant à la physique et la castagne, je n'irais pas plus loin.

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Par Philippe U - Publié dans : itineraire-periurbain
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Mercredi 11 janvier 2006

Les Miscellanées de Mr. Schott de Ben Schott est un livre amusant, on y trouve la liste des capitales, le calibre des oeufs et aussi la loi de Hofstadter.

Loi de Hofstadter : "cela prend toujours plus de temps qu'on ne le pense, même en tenant compte de la loi de Hofstadter".

Par Philippe U - Publié dans : itineraire-periurbain
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Lundi 2 janvier 2006
Ce sera claustrophobie. Ciel nuage en lourdeur, passagère maussade pensante regarde au vide ou l'horizon, on la sent pensive dans sa grande maison et elle tourne les yeux en baissant le store. Elle craint le voisin douillet voulant parler du temps alors elle baisse les stores pour ainsi dire elle n'est plus là. C'est le 2 janvier seule avec la pluie dont on entend chaque goutte qu'on pourrait compter, elle les compte. Même la cheminée elle n'ose pas, si la fumée la dénonçait peut être même que la pluie s'arrêterait pour parler : "tu es donc ici ? Je suis la pluie qui s'incline pour toi, écoute moi s'il te plait, je veux simplement te parler, je suis comme toi". Donc pas de feu et compte l'eau. Le choix de la chambre même devient complication comme trancher entre père et mère, se coucher ici et sentir le vide pesant là. Les chambres vides sont oppressantes – torturées elles appellent à l’aide. Elle reste au salon sur le long canapé rempli d’elle en espérant que la pluie ne s’arrêtera jamais. Mais elle sait qu’il arrivera ce jour, il faudra même lever la tête, face à face.
Par philippe U - Publié dans : Claustrophobie
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Dimanche 1 janvier 2006
Et oui parce que c'est important la santé, comme les résolutions dont voici les miennes : gagner la super cagnotte au loto, renationaliser Renault, faire une liste des courses pour demain en sachant qu'il me faut au minimum du liquide vaisselle.
C'est aussi l'heure du bilan, par exemple en politique où l'on ne retiendra que la candidature de Dieudonné pour les présidentielles de 2007 et le changement de propriétaire d'EDF qui passe de nous à nous avant que ça ne soit vraiment à eux. En musique il y a eu Chris Stills.

Il s'est sans doute passé d'autres choses, des pauvres qui sont restés pauvres, des ruptures du tendon d'achille, des gastro en terrine, mais est-ce bien sérieux tout ça ?

De 1 à 17 + Michel de Rome


Par Philippe U - Publié dans : itineraire-periurbain
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Jeudi 15 décembre 2005

Histoire de l’année qui vient

S’écrit en langue intime

Le nez au vent et la plume en l’air

Alerte

Comme pour offrir à l’indécence une ultime occasion

Se déposent les mots rares aux formes charnelles

Volupté, Courbe, Hanche

Et ce n’est pas nus qu’ils s’emportent bel et bien,

Mais enveloppés d’une douceur humide

Façon bébé

Par philippe U - Publié dans : Claustrophobie
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